J'y pense de temps en temps. Soudainement, furtivement. Je me dis qu'il faudra bientôt penser à demander des cartons, à faire un peu de tri. Et mon coeur se sert. Mon ventre se tord. C'était pas marqué dans le contrat tout ça, c'était pas écrit que je les rencontrerai, que je m'attacherai à eux comme ça. Eux, cette fac, cette ville, cet appart. Je regarde ces photos, comme ça va être dur lorsqu'il faudra les décrocher. Lorsqu'il faudra rendre les clefs de ce nids douillet, de ce nids emplis de nos rires. De nos souvenirs. Je n'aime pas les changements, j'ai toujours eu du mal avec ça. Qu'importe que l'après soit meilleur ou non, je n'arrive jamais à m'en réjouir. Alors je fais comme si de rien n'était, j'évite le sujet, j'ignore la réalité, les jours qui défilent, les heures qui s'envolent. Je mémorise ces visages, ces endroits, pour qu'à jamais ils me restent dans le coeur. Où que j'aille, je veux voir ces sourires, je veux entendre ces voix. Partir m'a changée. Partir m'a tant offert. Qui aurait cru que je vivrai tout ça ? Ces années fac sont passées si vitre, trop vite, et je voudrais tellement les revivre, encore et encore. Parce que toutes ces galères ont les a vécues ensemble, et c'est ça qui compte. Ensemble. J'ai débarquée ici complètement paumée, le coeur au bord des yeux et me voilà dans cette troupe de dingues. Tous différents, et pourtant amis. J'ai si peur de partir, si peur de les perdre. Oui, je rentre chez moi, mais une chose est sûre : je laisserai une partie de mon coeur dans le Nord, avec eux.
J'aurai tant appris de ces gens.
Et toutes les voitures du monde, toutes les émanations de la planète ne suffiraient pas à masquer la beauté du printemps, des arbres en fleurs, des tapis de pétales et des oiseaux chantant l'amour.

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