Une semaine, jour pour jour.
Dans une semaine, à cette heure-ci, je serai dans mon train direction Strasbourg, le coeur palpitant d'impatience et les yeux rivés sur le paysage, guettant le Haut-Koenisgbourg -repère ultime de mon arrivée imminante en gare. Puis je descendrai, un peu endormie après ces trois heures et demi de voyage, et attendrai ma correspondance pour Colmar. Une fois dans ce dernier train je chercherai cette fois-ci mes Trois Châteaux au loin, symbole de mon village, mon coeur sera alors intenable, mon sourire incachable et dix minutes avant l'arrivée je serai déjà collée à la porte de sortie. Ensuite, je prendrai la voiture et savourerai la vue de ces colombages et de ces couleurs comme si je les découvrais pour la première fois. Alors, un sentiment indescriptible me submergera lorsqu'après cette journée de voyage et d'attente je passerai enfin le panneau indiquant l'entrée au village, la maison. Je serai chez nous. Chez moi.
Il va être si bon de me confiner dans ce petits nids alsacien, d'aller acheter du pain à la seule boulangerie, de n'entendre rien d'autre que le claquettement des cigognes et le son des cloches.
Je ne suis pas une fille de la ville, je n'aime pas la foule, là bas les gens se croisent sans même s'adresser la moindre attention. Moi je viens d'un endroit où l'on salue toujours les anciens en se promenant, où l'amitié perdure depuis l'enfance, où la pierre a vue grandir nos pères, où dans les ruelles nos rires résonnent encore et où la fierté d'être du village se lit sur nos visages. Je viens de cet endroit niché entre Vosges et Forêt Noire; je viens de mon Eldorado.
C'est fou comme tout me semble si différent lorsque je reviens, si chalereux, si doux, si beau. Et lorsque c'est Noël alors je crois rêver. Toute la magie de mon enfance se dresse devant moi et je me sens si apaisée, si sécurisée. Je n'ai toujours connu que ça et à mes yeux ce ne peut qu'être la seule façon de fêter la période de Noël. Je me souviens si bien de ces soirées où nous étions tous réunis sur la place du village, attendant le Saint-Nicolas et la distribution de manalas.
Envoyez moi au bout du monde, au fin fond de l'univers, je reviendrai toujours dans ce village, tel un pélerinage.
Une semaine, jour pour jour.

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